Articles

C’est avec une très grande tristesse que les American Friends of the Le Chambon Memorial (AFCM) annoncent la disparition de Rudy Appel, âgé de 91 ans, enfant caché au Chambon-sur-Lignon pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui s’est éteint le 18 septembre 2016.

Rudi Appel est né le 13 mai 1925 à Mannheim (Allemagne). Son père et son frère aîné ont fui le Reich pour aller aux États-Unis. Rudi et sa mère ont tenté de partir plus tard. Étant séparé de sa mère, Rudi a été inscrit au Gymnasium de Rotterdam (Pays-Bas), mais grâce à un passeur, Geertruida Wijsmuller, il a pu aller rejoindre sa mère en Belgique. Ensuite, ils ont franchi la frontière entre la Belgique et la Zone Occupée en France, dans le but d’aller jusqu’à Marseille où il y avait encore des bateaux pour les États-Unis. En essayant de franchir la ligne de démarcation, Rudi et sa mère ont été arrêtés et transférés au camp de Rivesaltes.

De Rivesaltes, Rudi a été envoyé au camp des Milles, où les gendarmes faisaient l’appel quotidiennement. Lorsqu’on y faisait l’appel, les internes étaient séparés en groupes différents, et c’était difficile de savoir dans quel groupe il y avait un avantage. Un jour, Rudi a remarqué que son nom n’a pas été appelé. En regardant autour de lui, il a vu un enfant aveugle qui n’avait pas été appelé non plus et il a décidé de rejoindre son groupe, auquel il n’appartenait donc pas, ce qui était une chance car le groupe dont il aurait dû faire partie était le convoi numéro 30 pour Auschwitz. Le groupe qu’il a rejoint est retourné à Rivesaltes où Friedel Reiter, du Secours Suisse, l’a emmené au Chambon-sur-Lignon. August Bohny, le petit ami de Friedel Reiter, était le directeur des maisons d’accueil du Secours Suisse au Chambon. Rudi se logea à la Guespy jusqu’à la fin de la Guerre.

Rudi a retrouvé sa mère qui avait trouvé refuge à Grenoble. Ils ont rejoint les États-Unis où Rudi a changé l’orthographe de son prénom pour Rudy pour l’américaniser. À la fin de l’ère soviétique, Rudy a beaucoup travaillé pour libérer les Juifs russes de l’URSS. Beaucoup de ceux qu’il a pu libérer sont venus à son 90e anniversaire en 2015. Rudy laisse derrière lui sa femme, ses deux filles, et ses trois petits-enfants.

Peter Grose a interviewé certaines personnalités clés des événements qui se sont produits à Chambon-Sur-Lignon.

Peter Grose rend hommage à des personnes clés de la région de Chambon-Sur-Lignon, dont un pasteur dont le pacifisme “inflexible” le conduisit à cacher près de 5 000 réfugiés lors de l’invasion allemande.

Le Chambon-Sur-Lignon reçu très tôt un certificat de reconnaissance pour son héroïsme durant la Seconde Guerre mondiale. L’International Herald Tribune écrivit un article sur Le Chambon-Sur-Lignon dès 1979, suivi par le New York Times en 1983 et TIME Magazine en 1990.

Patrick Henry a été professeur de philosophie et de littérature au Whitman College à Walla Walla, Washington, où il était professeur de français depuis 1976. Maintenant à la retraite , il continue à donner des cours sur “La Littérature de la paix” et “La littérature et le cinéma de l’Holocauste en France”. Il vient de terminer un livre sur les sauveteurs des Juifs en France dans la région du Chambon-Sur-Lignon .

Destins d’enfance, une exposition pour se souvenir au Chambon-sur-Lignon

Cet été, les lieux de mémoire de la région, Maison d’Izieu, musée du Mont-Mouchet, CHRD à Lyon ou encore Le Chambon-su-Lignon, proposent de nombreuses actions culturelles et pédagogiques pour un large public.

Le Chambon-sur-Lignon met à l’honneur les maisons d’enfants qui ont caché des juifs pendant la 2nde Guerre Mondiale.

Le Chambon-sur-Lignon : une exposition dédiée à tous ces « Destins d’enfance ».

70 ans après, des anciens Éclaireurs israélites de France se retrouvent.

En 2009, le Président Obama a parlé des sauveurs courageux de Chambon-Sur-Lignon à la Cérémonie de Commémoration des Journées de l‘Holocauste. Il qualifia les habitants du Chambon comme «ceux qui accomplissent des choses extraordinaires en s’exposant au plus grand danger, non pas pour affirmer, plébisciter ou mettre en avant leurs propres intérêts, mais parce que c’est ce qui doit être fait.»

Faire de l’Histoire notre histoire, l’exemple de Chambon-Sur-Lignon

Pourrait-on faire partie de la Résistance aujourd’hui? Face aux défis de l’Histoire, les exemples de notre passé commun peuvent-ils nous aider à faire les bons choix, à devenir des citoyens de demain actifs et responsables ? Un panel mit en lumière Le Chambon-Sur-Lignon, un petit village de France qui accueillit 5 000 juifs pendant l’occupation. Parmi les participants, Denise Vallat, chargée du département culturel de la commune de Chambon-sur-Lignon et présidente du site historique de Chambon-Sur-Lignon.

Les enfants de l’école de Chambon-Sur-Lignon ont reçu des cadeaux de la part d’élèves de la SAR Académie, une école juive à New York, en reconnaissance du sauvetage de leurs aïeuls pendant la guerre en France. Certains élèves sont des descendants de Justes. Les enfants de maternelle ont réalisé des dessins sur la France et Le Chambon-Sur-Lignon et les élèves de primaire ont envoyé des messages en anglais en invitant les enfants américains à venir visiter Le Chambon-Sur-Lignon.

Témoignages

Dans cette vidéo, Peter Feigl, un juif ayant survécu à l’Holocauste pendant la Seconde Guerre mondiale, témoigne sur son expérience lorsqu’il était enfant. Lors d’une récente conférence destinée aux professeurs, l’USC Shoah Foundation, Institut pour l’Histoire Visuelle et l’Education, a utilisé le témoignage de Peter Feigl ainsi que les journaux écrits dans sa jeunesse pour montrer comment enseigner l’Holocauste en utilisant des récits à la première personne. Ce témoignage provient des archives de l’USC Shoah Foundation.

Regardez la vidéo de la BBC sur le musée du Chambon-Sur-Lignon et découvrez notre secret de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un hommage aux survivants de Chambon-Sur-Lignon.
Crédit: Harold Klein

Récompenses

Le Prix Roger E. Joseph est un prix international, qui depuis 1978, a été remis à des personnes ou organisations exceptionnelles ayant contribué à la défense des droits de l’homme et la survie des Juifs, et dont la conduite ou le travail encouragent les valeurs et idéaux du judaïsme.

Le premier à avoir obtenu ce prix était Victor Kugler, qui donna refuge à Anne Frank et sa famille. Parmi les autres lauréats du prix Joseph, on retrouve les habitants de Chambon-Sur-Lignon, un village huguenot en France, qui a sauvé des milliers d’enfants juifs pendant l’Holocauste.

Le Prix des Chaplains Immortels pour l’Humanité récompense “ceux qui risquent tout pour protéger les personnes d’une croyance et d’une ethnie différentes, qui font l’objet d’une fraternité totale et de sacrifice pour leur prochain.”

En 2003, ce prix a récompensé les habitants du Chambon-Sur-Lignon : Elizabeth Wall Strohfus, le Service de Femmes Bénévoles; Henry C. Scholberg, le Service de Bénévoles Non-combatants et les habitants de la région de Chambon-Sur-Lignon. Utilisant “les armes de l’esprit”, ils défièrent l’occupation nazie en accueillant 5000 réfugiés (juifs pour la plupart) et en empêchant leur déportation et extermination de 1940 à 1945.

Le 23 avril 1987, l’Anti-Defamation League (« Ligue antidiffamation ») a créé un prix unique appelé “Courage to Care” pour honorer les sauveteurs des Juifs pendant l’Holocauste.

Le prix est une plaque avec des bas-reliefs miniatures qui dépeint le contexte horrifiant – la persecution des nazis, la déportation et l’assassinat de millions de Juifs – qui a servi de toile de fond pour les bonnes actions des sauveteurs. C’est une réplique des plaques qui constituent le Mur du Mémorial de l’Holocauste créé par le sculpteur Arbit Blatas, qui a également créé le Mémorial de l’Holocauste à Paris et l’affichage dans l’ancien ghetto de Venise en Italie .

Lauréats du Prix “Courage to Care” en 1989: Anna et Jan Pulchalski, Le Chambon-Sur-Lignon et Chiune Sugihara.